jeudi 20 décembre 2012

L'euro poursuit sa hausse



"L’euro poursuit sa hausse, les marchés rassurés."


France, 9 Millions de pauvres. Contraction en Europe. Le Portugal au bord du désespoir. Les mauvaises nouvelles s’enchainent mais l’euro reste souriant. Mieux encore, il poursuit sa hausse et les marchés sont rassurés. Comment expliquer un tel miracle, par la Grâce? Ou alors un effet d’anticipation, cette formule magique qui permet de tout expliquer y compris l’inexplicable. Peut-être le signe du redressement économique, le signe que les marchés anticipent enfin une fin à la crise. Encore mieux, c’est peut-être le résultat des bonnes décisions prises par nos dirigeants. La preuve que la crise est bien derrière nous comme le proclame F. Hollande. Malheureusement je crains que ce ne soit surtout la confirmation que Noël approche……avec ses histoires à dormir debout.  

Berlusconi annonce son retour. Les taux italiens grimpent, ceux d’Espagne et du Portugal menacent de faire de même. L’euro va-t-il plier sous ces nouvelles menaces? Non il grimpe. Les économies se contractent, la pauvreté s’installe, le chômage atteint des sommets. L’Euro va-t-il faiblir? Non il grimpe encore. Décidément cet euro ne se comporte jamais comme il devrait. A moins que si justement. Si l’euro n’évolue pas avec l’état de l’économie européenne c’est parce que l’euro n’est pas une monnaie. Pour des marchés internationaux éduqués au dollar, l’euro n’est pas une monnaie, c'est un produit financier. Un produit financier dont la valeur dépend de son rendement. Et ce rendement fluctue au gré des taux d’intérêts que devront payer des Etats contraints par les besoins de financement de leur modèle social.  

Hollande, Sarkozy et inversement
Qui n’a pas été sidéré par l’annonce que nous empruntons parfois à des taux négatifs? Nos politiques économiques seraient donc à ce point convaincantes? Une trop jolie fable même pour Noël. Les taux négatifs ne sont que l’anticipation d’un taux de change euro/dollar qui permettra à lui seul le gain suffisant pour dégager un bénéfice. Ce n’est pas une histoire de confiance, c’est une histoire de financiers, de gains et de spéculation. Le volume d’argent mis à disposition des marchés par les banques centrales permet ce genre d’arbitrage car en matière de financement international l’offre est infinie, pas la demande. 

Dix ans après sa création l’euro est resté un produit spéculatif et il réagit comme tel. Aussi aberrant que cela paraisse, l’Europe ne maîtrise pas sa monnaie. Le dogme du marché libre, du marché efficient a conduit à laisser la gestion de l’euro à la City. La City effectue aujourd’hui plus de transactions en euros que toute l’euro-zone réunie et c’est donc à Londres que se décide la valeur de l’euro. Depuis sa création il est ainsi passé de 0,80$ à 1,40$. Cela signifie que pour vendre la production européenne au même prix en dollar, il nous a fallu faire 70% de productivité. Malheur à nous français, espagnols et italiens qui n’avons fait que 50%, ne laissant derrière nous qu’une trop lourde dette comme principal souvenir des efforts passés. 

Mais pourquoi demander aux sociétés européennes de payer par une nouvelle baisse du niveau de vie ce qui pourrait être si facilement obtenue par une baisse de l’euro? Parce que nous n’avons pas le choix. Pris que nous sommes dans l’étau de la folle alliance des intérêts anglais et du dogmatisme allemand qui s’obstine à croire qu’économie et monnaie ne doivent pas être mises entre les mêmes mains, que l’euro fort nous protège de l’inflation.

Et pendant que nos alliés de toujours s’occupent de nos affaires, nous détournons le regard, distraits par un amusant spectacle de marionnettes. Guignol a pris la place de Gnafron. Madame Germaine se frotte les mains. Mais enfin, où est le gendarme?


Un article parfaitement édifiant de l'ex chef économiste de la BCE

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8 commentaires:

  1. Une théorie partielle avec la panique comme anomalie...

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    1. Comme singularité vous voulez dire.

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  2. On dit pas gendarme tout simplement plutot que le gendarme ? Tu vois je te lis toujours et encore... :-)

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    1. Mais où est le gendarme les enfants? Ca ne te rappelle rien cher Anonyme?

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  3. Mais où le problème?
    Dans une période de turbulences économiques fortes, l'euro a conservé tout son crédit et a été un facteur de stabilité. Grâce à l'euro nous continuons de disposer d'un pouvoir d'achat élevé et on n'a jamais emprunté de l'argent à des niveaux aussi faibles (malgré la perte de notre AAA). Les pays de la zone euro qui rencontrent les difficultés les plus grandes sont ceux qui ont été mal gérés et dans lesquels les gouvernements n'ont pas eu le courage politique d'initier certaines réformes.
    Vive l'euro!!
    JL

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    1. Mais en quoi un euro à 1.30 est il préférable à un euro à 1.00$?
      Flexibilité, baisse de la protection sociale, baisse des retraites, précarité, pauvreté. On ne peut pas dire que nos sociétés ne soient pas adaptées à la mondialisation, mais il faut suivre un rythme qui nous est imposé. Un rythme inutilement lesté d'une euro trop fort.

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  4. Nos économies dépendent beaucoup du pétrole et du gaz, que nous payons en dollars. Un dollar plus fort fait exploser le déficit de notre balance commerciale. Est-ce que ce n'est pas plutôt la "libéralisation", la "globalisation" qui sont à l'origine de nos maux. Combien la "concurrence libre et non faussée" nous a coûté d'emplois ? De combien ont augmenté vos factures de gaz, d'électricité, d'eau ? Quel est le prix de votre loyer ?
    Tous ces élèments sont le résultat de politiques libérales et suicidaires successives, accélérées depuis 10 ans en France.

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    1. la hausse de l'euro fait partie du même ensemble. Un euro fort nous a incité à préférer importer ce dont avons besoin au lieu de le produire. Pour l'énergie, idem, il nous a incité à repousser toujours plus tard l'utilisation d'énergie renouvelables.

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